Être fidèle : un plaisir ou un besoin ?

Être fidèle : un plaisir ou un besoin ?

Il y a un monde entre la monogamie assumée et la monogamie subie par obligation ou manque d’alternative. Si l’on projette l’image maternelle sur la personne qu’on aime, on risque de confondre fidélité et dévotion filiale. Cette distinction n’est pas très claire aux yeux de Guy, abandonné pour la troisième fois par sa fiancée du moment. Avec lui, les choses se déroulent toujours de la même façon : après quelques semaines de conversations romantiques qui se terminent au lit, les premiers signes d’ennui apparaissent chez la jeune fille, qui se lasse du comportement répétitif de son partenaire, dont la dépendance à son égard va croissant ; la rupture suit de peu. Guy, homme sensible et intelligent, est plus désorienté que jamais. Pourtant, il est évident qu’il manque de l’identité virile que l’homme acquiert en se calquant sur le modèle paternel, se libérant ainsi de la dépendance maternelle. Le père de Guy lui répétait toujours qu’il fallait tenir compte des besoins des autres. L’autre, c’était lui, évidemment : le « padre padrone » à qui l’on doit tout, qui ne donne jamais rien, et qui a toujours raison. L’opposé, en somme, du père modèle, guide et soutien, qui doit encourager plus qu’interdire. C’est de la confrontation avec un tel père que naît la force dont Guy est précisément dépourvu. Même s’il est physiquement bien bâti, il est resté un petit garçon prêt à se réfugier dans le giron maternel à la moindre alerte. Complaisant et soumis, Guy se comporte avec les femmes comme un jeune animal égaré, confortant ainsi malgré lui son image d’homme ennuyeux et sans grande personnalité.


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